Développement
Depuis le
milieu des années cinquante, Citroën avait laissé le marché des voitures
de taille intermédiaire à ses concurrents, bien que cette catégorie soit
peu à peu devenue la plus lucrative en termes de volumes de vente. Préoccupés
par le développement et l 'évolution de la DS, qui avait eu à souffrir
de problèmes de jeunesse dus à sa commercialisation sans doute trop rapide,
les ingénieurs de Citroën délaissèrent ce marché, cherchant à compenser
ce manque en développant des versions améliorés de la 2CV (i.e. Ami 6.)
ou des versions plus économiques de la DS (l ' ID)...
Mais le problème n'en était pas moins examiné depuis le début des années
soixante. Dès 1960, un premier prototype de la Citroën intermédiaire apparaissait
: la C-60, ressemblant du point de vue esthétique à un croisement entre
la DS et l 'Ami 6. En 1961, tous les efforts de Citroën tendant au lancement
de l 'Ami 6, les projets pour une voiture intermédiaire furent temporairement
ajournés.
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Le prototype C-60
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Plus tard, avec les rumeurs selon lesquelles ses concurrents développaient
des voitures techniquement avancées (celles qui allaient devenir les Peugeot
204 et Renault 16), Les objectifs furent revus vers un cahier des charges
plus ambitieux : une berline 6CV capable d'emmener cinq passagers à 150
Km/h, avec un grand coffre, économique à l'usage et à construire, confortable
et sûre.
Les cadres de Citroën décidèrent alors que la voiture devait être innovante
sur tous les plans : moteur rotatif Wankel, suspension hydropneumatique,
carrosserie à hayon. Parallèlement était étudiée une version plus classique,
le projet F, avec un moteur quatre cylindres à plat et une suspension
traditionnelle. Flaminio Bertoni, l'auteur du style de la traction
avant, de la 2CV et de la DS, dessina une carrosserie originale, mais
loin d'être esthétique. Sa mort au début de 1964 empêcha malheureusement
l'évolution de ce dessin, l'Ami 6 restera sa dernière création
produite en série.
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La maquette du projet F
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Flaminio Bertoni
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Le prototype du projet F
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Pendant ce temps, la concurrence ne s'était pas reposée, et le printemps
1965 vit l'apparition de 2 nouvelles traction avant, la Renault 16 et
la Peugeot 204, deux voitures très réussies.
Si la Renault 16, du fait de sa cylindrée et de son gabarit, n'entrait
pas en concurrence directe avec le projet du Quai de Javel, elle n'en
présentait pas moins une ressemblance troublante sur le point de l'esthétique,
et elle comportait une technique de soudage de pavillon très proche, qui
fut brevetée par Billancourt, les rumeurs d'espionnage industriel ne sont
toujours pas éclaircies, la Renault 16 n'en constituant pas moins une
excellente voiture. Quand à la 204, première traction avant de Peugeot,
avec son moteur en alliage léger, ses performances intéressantes, et son
bas prix elle se présentait comme une nouvelle référence du segment.
L'ingénieur en chef du projet F, convint alors Pierre Bercot,
alors directeur de Citroën, de l 'infaisabilité du projet. Bercot décida
de renoncer en avril 1967, malgré le fait que l'outillage visant à son
l'industrialisation avait déjà été commandé aux Etats-Unis chez Budd Mfg
Co. qui avait déjà fourni l'outillage de la traction...
Si le projet F était définitivement abandonné, certains de ses composants
avaient néanmoins fait bonne impression, comme le moteur quatre cylindres
à plat et la suspension, et pouvaient dès lors être repris.
L'objectif du nouveau projet G était maintenant de construire une voiture
économique, aérodynamique et légère. Deux équipes travaillaient en même
temps sur le projet, celle de Citroën était animé par Robert Opron
(auteur du style des grandes Citroën à venir : SM et CX) et l'autre par
le styliste italien Giugiaro. Afin de limiter l'investissement,
le projet F ayant englouti beaucoup d'argent, seulement six mois sont
donnés aux équipes pour aboutir. Le design de l'équipe de Robert Opron
est finalement choisi de préférence à celui de Giugiaro. Son prototype
est inspiré des projets esquissés par Pininfarina pour BMC qui ont été
rejetés, le même design servira à la base du projet L, qui deviendra la
CX.
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Pierre Bercot
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Robert Opron
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Les projets Pininfarina pour BMC
(notez la ressemblance avec la future CX)
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Dans l'intervalle, Pierre Bercot a refusé de voir la carrosserie du projet
G comporter une cinquième porte, jugeant qu'elle donnerait un aspect trop
" utilitaire " au modèle. Celle qu'on appelle officiellement Citroën GS
est maintenant prête, elle est dévoilée à la presse le 24 août 1970, soit
cinq ans après la Peugeot 204, et 9 ans après la sortie du dernier modèle
totalement nouveau de Citroën : l 'Ami 6 .

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